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Atelier de collecte de témoignages sur la vie d'Ussel il y a 60 ans et plus. Les personnes intéressées peuvent enquêter dans la ville recueillir les temoignages proposer un écrit. Diffusion dans le cadre du bulletin mensuel et sur ce site. contact : [email protected] |
Les bains-douches.
Les internes du Collège Moderne et Classique, pour la toilette quotidienne, dispo-saient d’un impressionnant alignement de lavabos, mais n’avaient pas encore, en 1953, le privilège de prendre une douche, sur place. Donc, chaque semaine, le vendredi soir, en rangs par deux, nous allions aux Bains-douches, avenue Carnot, à droite de la cour du Commissariat. Comme nous étions accueillis en même temps que le public, l’attente pou-vait être longue. Après, pour rattraper le temps perdu, il fallait occuper une cabine un minimum de temps: se déshabiller, se laver, se rhabiller, en vitesse, afin d’éviter des remontrances . Mme Cousteix percevait le prix du service et, accessoirement, d’un berlin-got de Dop. M. Cousteix veillait à l’efficacité de la chaudière à charbon au sous-sol. Leur fille s’occupait d’une brève remise en état des cabines, entre deux clients.
Comme il n’y avait ni salle d’attente, ni abri , nous monopolisions un bout de trottoir pendant un long moment, profitant du spectacle de l’Avenue Carnot et en es-sayant de faciliter la circulation des piétons qui se faufilaient entre nous. En cas de pluie, les "tignasses " subissaient un trempage-prélavage, parfois d’un rinçage supplé-mentaire. Lorsque tout le monde était enfin propre et encore imprégné du parfum du shampooing Dop, la voix du "pion", empreinte d’impatience, nous sommait de nous re-mettre en rangs et c’était le retour à l’internat, parfois au réfectoire où le dîner était dé-jà bien avancé.
Certes, à cette époque, les salles de bains étaient rares, surtout à la campagne et les conditions d’hygiène beaucoup moins exigeantes que maintenant. Certains profitaient de ce laxisme pour les contourner. Une fois, nous nous étions cotisés pour offrir une douche à un camarade, qui, comme Grincheux, dans Blancheneige, était allergique à l’eau et au savon.
Maintenant, plus de 70 ans après, nous vivons dans le luxe et n’en sommes pas conscients. J.Louis Audouze
Les internes du Collège Moderne et Classique, pour la toilette quotidienne, dispo-saient d’un impressionnant alignement de lavabos, mais n’avaient pas encore, en 1953, le privilège de prendre une douche, sur place. Donc, chaque semaine, le vendredi soir, en rangs par deux, nous allions aux Bains-douches, avenue Carnot, à droite de la cour du Commissariat. Comme nous étions accueillis en même temps que le public, l’attente pou-vait être longue. Après, pour rattraper le temps perdu, il fallait occuper une cabine un minimum de temps: se déshabiller, se laver, se rhabiller, en vitesse, afin d’éviter des remontrances . Mme Cousteix percevait le prix du service et, accessoirement, d’un berlin-got de Dop. M. Cousteix veillait à l’efficacité de la chaudière à charbon au sous-sol. Leur fille s’occupait d’une brève remise en état des cabines, entre deux clients.
Comme il n’y avait ni salle d’attente, ni abri , nous monopolisions un bout de trottoir pendant un long moment, profitant du spectacle de l’Avenue Carnot et en es-sayant de faciliter la circulation des piétons qui se faufilaient entre nous. En cas de pluie, les "tignasses " subissaient un trempage-prélavage, parfois d’un rinçage supplé-mentaire. Lorsque tout le monde était enfin propre et encore imprégné du parfum du shampooing Dop, la voix du "pion", empreinte d’impatience, nous sommait de nous re-mettre en rangs et c’était le retour à l’internat, parfois au réfectoire où le dîner était dé-jà bien avancé.
Certes, à cette époque, les salles de bains étaient rares, surtout à la campagne et les conditions d’hygiène beaucoup moins exigeantes que maintenant. Certains profitaient de ce laxisme pour les contourner. Une fois, nous nous étions cotisés pour offrir une douche à un camarade, qui, comme Grincheux, dans Blancheneige, était allergique à l’eau et au savon.
Maintenant, plus de 70 ans après, nous vivons dans le luxe et n’en sommes pas conscients. J.Louis Audouze